L’église Saint-Pierre, bien que de construction modeste, représente un trésor historique pour le village de La Pierre. Datant du 18 e siècle, elle témoigne de l’histoire locale qui a façonné la communauté au fil du temps. Préserver ce patrimoine et le transmettre en bon état aux générations futures est un devoir. Sa restauration pourrait raviver le sentiment d’appartenance et renforcer les liens entre les habitants. Elle deviendrait un lieu de rassemblement, non seulement lors des offices religieux, mais aussi pour des événements culturels et communautaires.
Les deux cloches de l’église ont été bénies le 30 octobre 1781. La cérémonie s’est déroulée en présence de Louis-François de Monteynard et de son épouse, et tous deux en sont les parrain et marraine. « Louise », qui est le nom de la cloche restante, a certainement perdu sa compagne pendant la révolution et pourrait de ce fait devenir l’élément emblématique de l’église. Survivante de la Révolution, elle porte en elle une part de l’histoire de France.

Louis François de Monteynard est né à La Pierre, le 13 mai 1713. À 14 ans, il s’engage dans le Royal-des-Vaisseaux, un régiment commandé par son cousin, le chevalier de Marcieu. Il participe à toutes les grandes campagnes de Louis XV. Nous le trouvons successivement sur les champs de bataille de l’Italie, de l’Autriche, sur l’île de Minorque, en Allemagne et en Hollande. En 1759, il devient lieutenant-général des armées du roi, le grade militaire le plus haut de l’époque avant le titre de maréchal de France.

En 1771, Louis XV fait appel à lui pour remplacer le duc de Choiseul au poste de secrétaire d’État à la Guerre. Dans le gouvernement Maupéou, il engage, pendant les trois ans de son ministère, de nombreuses actions pour améliorer le sort des soldats. Il est aussi le premier gouverneur général de la Corse et le créateur de l’école de cavalerie de Saumur qui donnera naissance, après la Révolution, aux célèbres écuyers du Cadre noir. Dans le dictionnaire philosophique de Voltaire, à la définition du mot soldat, Louis-François de Monteynard est cité comme un exemple pour l’Europe.
Dans la région grenobloise, il fait également beaucoup. Il est l’un des souscripteurs de la bibliothèque publique de Grenoble, et c’est lui qui défend le projet de sa création devant le roi en 1771. La même année, à la demande des consuls grenoblois, il s’oppose devant Louis XV au déplacement du Parlement du Dauphiné (Place saint André à Grenoble) à Valence. La délibération est conservée à l’hôtel de ville de Grenoble.

À partir de 1773, il se consacre à son pays natal dans le Grésivaudan. À La Pierre, il fait reconstruire la maison curiale et implante tout à côté la nouvelle église (Saint-Pierre) et son cimetière. En 1775, il engage la construction du château de Cruzille qu’il n’aura jamais l’occasion d’habiter. Louis-François de Monteynard meurt à Paris en pleine Révolution, le 3 mai 1791. Chose extraordinaire, au mépris des lois qui interdisent les sépultures dans les édifices religieux depuis 1788, ce sont les pauvres de son quartier et les anciens soldats qui enterrent la dépouille du Dauphinois à l’intérieur de l’église des Jacobins (Saint-Thomas d’Aquin).
Restaurer l’église Saint-Pierre est un devoir que l’on doit à Louis-François de Monteynard et son épouse, mais aussi à tous les habitants de La Pierre qui se sont succédé, et qui contribuant à son entretien, ont fait en sorte, année après année, qu’elle arrive jusqu’à nous en 2025. Malheureusement, aujourd’hui, elle est dans un tel état de dégradation, que nous pourrions tous devenir d’ici peu de temps, la génération qui a laissé s’écouler ce que nous ont transmis les habitants de La Pierre depuis plus de 250 ans !
Restaurer cette église est un projet essentiel qui s’inscrit dans la continuité des efforts déjà fournis par la mairie du village, la communauté de commune du Grésivaudan et le département Isère, notamment pour la préservation du manoir de Veaubeaunnais. C’est un investissement dans l’histoire et l’avenir de La Pierre. Cette église, si petite soit-elle, représente par son passé un bout d’histoire du chef-lieu du département de l’Isère, et en cela, elle fait aussi partie du patrimoine historique de la ville Grenoble.
RÉAGISSONS ENSEMBLE !
Assurons-nous que l’héritage des générations passé,
parviennent aux pierrois du futur !
Article : Héritage Communal
Source historique du document
puisée dans le livre
« Dans l’ombre de l’Histoire »
de : Bernard Perrin

